N’Dangane et Djiffer, delta du Siné Saloum

La journée : mardi 31 juillet 2001

La plage de Djiffer

La plage de Djiffer

Départ matinal de N’Dangane en pirogue : 2h30 d’un long trajet, pêche aux huîtres de palétuviers, grosse averse, chant avec Pascal pour affronter la pluie… Arrivée sur la pointe de Sangomar au village de pêcheurs de Djiffer ; explication de l’historique de la ville (soumise aux caprices de l’océan) pendant qu’on nous prépare le poisson grillé. Repas puis baignade plage de Djiffer et long retour en pirogue à N’Dangane. Repas à l’hôtel, cochon grillé !

Un chiffre

Départ de Djffer en pirogue

Départ de Djffer en pirogue

3 – Le nombre d’heures de pirogue pour rejoindre Djiffer, sur la pointe de Sangomar… J’avais adoré le p’tit tour de la langue de Barbarie, j’avais trouvé sympa l’excursion dans les bolongs de Missirah, mais là je trouve vraiment le trajet interminable. Surtout qu’il ne fait pas beau du tout et que j’ai super mal aux cervicales à cause des joutes aquatiques de la veille… Ben oui, j’ai bien le droit d’être grognon de temps en temps !

A voir / à faire
La saison des pluies – Au bout de treize jours, nous n’avons essuyé que deux bonnes averses (à Missirah) : on ne peut pas dire que jusque là, la saison des pluies ait beaucoup gâché notre séjour. Une heure après notre départ, les k-ways et ponchos sont de sortie : nous prenons dans la pirogue une bonne grosse radée sur la tête. Tout le monde prend cette péripétie du bon côté et avec le sourire, cela ajoute un peu de piment à un trajet bien ennuyeux… Et puis au moins, nous saurons à quoi ressemblent vraiment les pluies de cette saison si importante pour les sénégalais.

 Ciel de pluie sur la plage de Djiffer

Ciel de pluie sur la plage de Djiffer

Les pêcheurs de Djiffer

Les pêcheurs de Djiffer

Le village de Djiffer – Plus que dans n’importe quel autre lieu depuis le départ, la pêche est ici à la fois l’activité principale et le pôle d’animation du village. La plage sur la quelle nous accostons est en pleine effervescence : les pêcheurs sont à pied d’œuvre pour mettre les pirogues à l’eau ou les retirer pleines du produits de leur pêches, les femmes vident poissons et coquillages pour les faire sécher… Après un rapide tour des rues en compagnie d’un guide, Loïc négocie pour nous la préparation d’un poisson grillé, fraîchement pêché et grillé sous nos yeux ! Nous patientons face à la plage, sous un ciel menaçant qui crée un magnifique tableau aux couleurs surprenantes : le sable est blanc, la mer verte et d’autant plus éclatante sous les gros nuages noirs…

Souvenirs-sourires…
Singing in the rain – Pour lutter contre la morosité qui nous guette sous la pluie, Pascal et moi tentons de remettre du baume au coeur de tout le monde en revisitant nos classiques à pleine voix dans la pirogue : « le marié », « les tuyaux », « la fille du père Noël », « the boxer », etc… Il ne manquait vraiment que la guitare. Autant amusés que moqueurs, nos compagnons d’aventure nous taquinent et nous supplient de nous taire pour que cesse la pluie !

Chasse aux moustiques ! – Comme la saison des pluies, on en avait beaucoup entendu parler jusqu’à présent mais on n’avait pas encore été trop dérangés. Alors je m’étais couché la veille sous la moustiquaire sans précautions particulières… et comme Nanie et Pascal, je me suis fait dévorer par les deux ou trois satanés vampires coincés sous la toile. Je les retrouve en me grattant au petit matin, gorgés de sang, de mon sang ! Je règle leur compte en me promettant de ne pas commettre deux fois la même bêtise. Le soir même, après avoir installé des serpentins devant la porte et à la fenêtre, après m’être aspergé de l’insupportable spray anti-moustiques, je me lance à la frontale dans une inspection minutieuse de chaque recoin de la moustiquaire. J’élimine avec un enthousiasme proche du sadisme trois nouveaux spécimens, et je m’endors totalement serein. Je passerai d’ailleurs ma meilleure nuit de tout le séjour !

Une ambiance
Deux de tension dans la pirogue – La fatigue du séjour commence à se faire ressentir. Le rythme a été pour le moins soutenu depuis le départ et ce matin-là, la longue balade en pirogue permet de mesurer l’étendue de dégâts : les visages sont marqués, les regards se perdent dans le vide, personne ne parle, chacun se laisse à son tour partir pour un petit roupillon… Mis à part un sursaut au moment du repas, cette journée est marquée par l’apathie générale d’un groupe qui accueille avec enthousiasme la proposition de Loïc de s’octroyer une journée de glande totale en bord de mer la veille du départ ! Vacances actives, oui, mais qu’il est bon de se poser aussi parfois…

Dans les bolongs du Saloum

Dans les bolongs du Saloum

Bouilles de mômes
Un apprenti appliqué – Sur la plage au milieu de l’agitation des pêcheurs, un jeune menuisier sénégalais rabote une pirogue en chantier ; il s’attache à creuser le bois avec une grande application, sous l’oeil vigilant de son tuteur. C’est une tâche noble et d’un importance capitale sur toutes ces côtes sénégalaises : la pirogue est bien souvent le plus grande richesse d’un homme, elle est le gagne-pain de toute la famille. Alors ce jeune apprenti (qui ne doit pas avoir plus de quinze ans) fait preuve d’une concentration exemplaire…

Et au menu :

Poisson grillé

Poisson grillé

Ombrelle grillée – Il ne s’agit pas d’un parapluie jeté au feu mais bel et bien d’un poisson. Comme à son habitude, Annie s’extasie (« c’est génial… ») en assistant à la cuisson de nos ombrelles par un géant sénégalais, qui doit dépasser allègrement les deux mètres. A l’intérieur, une femme s’occupe de faire cuire le riz pendant qu’une autre prépare une sauce tomate au fumet particulièrement appétissant… Une bonne heure d’attente plus tard, nous dégustons tranquillement ce plat à la fois très classique (riz et poisson pour la dixième fois du séjour minimum) mais à la saveur inédite. Et pour une fois, tout le monde apprécie vraiment !

Ombrelle grillée à Djiffer

Ombrelle grillée à Djiffer

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