Au poste douane du barrage de Diama

DOUANIER – Individu chargé du contrôle des personnes et des marchandises à l’entrée d’un pays… qui profite parfois de sa situation pour extorquer quelques devises aux touristes de passage dans la plus stricte illégalité.

Barrage de Diama (frontière mauritano-sénégalaise), 3 octobre 2002

La sortie de Mauritanie s’est passée sans encombres, nous avançons sereins vers le poste sénégalais. Aucun souci avec les gendarmes puis les policiers, l’accueil est même plutôt sympathique. Il ne reste plus qu’à faire tamponner les passeports et à régler les formalités pour l’introduction de Titine au Sénégal.

La piste qui mène vers le barrage de Diama au Sénégal

La piste qui mène vers le barrage de Diama au Sénégal

Le douanier chargé de viser nos passeports nous informe d’entrée que nous devons nous acquitter d’une « taxe spéciale » de 10000 F CFA. Bizarre, jamais entendu parler de cette taxe ni sur le web, ni dans le Routard… Devant notre étonnement, le bonhomme tente de se justifier, nous expliquant qu’en tant que français nous bénéficions d’un « prix d’ami » puisque les deux espagnols qui nous ont précédé ont dû débourser 20000 F CFA chacun ! Bref, tout cela n’est pas très clair et puis de toutes façons, on n’a pas assez en poche pour le payer… On essaie encore de lui expliquer notre situation, notre mission pour l’association, notre peu de moyens, sans succès : il garde nos passeports. Nous l’abandonnons le temps de régler la situation de Titine, avec un second douanier beaucoup plus réglo (nous avons droit à un reçu), qui nous avoue diplomatiquement ne pas s’occuper des affaires de son collègue : en clair, la taxe est bidon. Reste à convaincre le douanier de viser nos passeports sans faire d’histoires ! Nous dépensons nos dernières piécettes en nous payant un coca, nous n’avons même plus de quoi payer l’assurance, alors la taxe « spéciale toubab »…

Nous retournons donc voir notre ami sans un sou en poche, qui refuse évidemment de mettre son tampon. Le ton monte un peu, nous usons de tous les arguments pour faire fléchir sa volonté. Philou s’excite, répétant sans cesse que « nous » venons travailler bénévolement au Sénégal pour les enfants… Sentant que nous ne sommes pas disposés à payer et que la situation lui échappe, le douanier s’excite à son tour, jette les passeports dans son tiroir en nous annonçant que si nous ne pouvons pas payer, il nous faudra passer la nuit sur place (le passage sera alors gratuit le lendemain, amusant non ?). Cette fois Philou perd toute patience, éclats de voix, excès de colère, et tandis que je tente d’apaiser les esprits, le douanier attrape une paire de menottes dont il menace Philou qui sort fumer une clope pour se calmer, prêt à dormir dans la voiture… le délire total.

Comme mon douanier fulmine, je le caresse dans le sens du poil, lui expliquant que nous sommes fatigués par une longue journée de route, etc. Ses collègues interviennent, et comme il sait qu’il a perdu, il accepte de tamponner mon passeport en soulignant bien sa gratitude à notre égard (tu parles !). Il refuse par contre de tamponner celui de Philou tant que celui-ci ne vient pas le chercher lui-même, histoire de sauver la face avec un dernier ordre de petit chef. Philou s’exécute en ronchonnant, ironique au possible, et nous pouvons quitter Diama toutes formalités accomplies. Toutes ? Non, nous partons sans assurance, faute d’avoir pu régler la cotisation…

Commentaires post-douane sur la piste…

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Par chance, nous rallions St Louis sans soucis, après avoir survécu à un contrôle policier où il ne nous est demandé que le passavant. En soirée à St Louis, Philou se laisse surprendre par un sens interdit mal indiqué et nous nous faisons encore rappeler à l’ordre par un militaire… Nous nous en sortons sans encombres mais il va falloir songer à nous mettre en règle rapidement !