N’Dangane, hôtel terminus

Baobab au soleil couchant

Baobab au soleil couchant

Samedi 5 octobre 2002, St Louis-N’Dangane

La route s’arrête, devant l’océan
Dans l’aube tiède du levant
C’est l’ultime escale,
la fin de l’errance
Avant que j’ose le silence…
Ici, la vie
est comme toutes les autres vies,
Même valeurs, couleurs,
je commence à comprendre…
(Florent Pagny)

L’étape : St Louis (Sénégal) – N’Dangane (Sénégal)
Petit dej’ à l’Oasis, assurance à St Louis (deux jours qu’on roulait sans assurance), puis Thiep bou Dien chez les amis du Wolof (Cheikh, Abdoulaye, Bamba). En route pour N’Dangane via St Louis, Kebemer, Thiès, Diamnadio, M’Bour, Joal… et piste de tôle ondulée de 30 kms jusqu’à N’Dangane effectuée by night. Nous filons droit au Cormoran où Odile nous accueille à bras ouverts, nous offrant le repas et la chambre pour une nuit ! Petite balade nocturne dans N’Dangane, soirée à la discothèque « le Jogmay » où nous rencontrons pour la première fois Aziz et Evelyne alias « le dragon »… Nuit au campement Le Cormoran.
Kilomètres du jour : 450. Depuis le départ : 6195. Au compteur de Titine : 207934.

Au départ de Saint-Louis

Au départ de Saint-Louis

Les SMS du jour
sagem-sms– Lolo, 16h23 :  » Véro a accouché d’un petit garçon aujourd’hui à midi et 6 minutes. Il pèse 3,300 kg. On ne connaît pas encore le prénom. « 
– Lolo, 06/10, 09h11 :  » Il s’appelle… Louka Mourier ! « 

L’image

Entre Saint-Louis et Diamnadio

Entre Saint-Louis et Diamnadio

« Nids de poule » et tôle ondulée – La route de St Louis à M’Bour est relativement bonne. C’est après que ça se corse : nous nous laissons surprendre par un ou deux premiers trous plantés comme ça en plein milieu de la route… Nouveau billard, Philou reprend de la vitesse et se laisse à nouveau surprendre : cette fois ce n’est pas un ou deux trous, c’est un véritable champ de mines (dix trous sur dix mètres, sur toute la longueur de la route). Suivant l’exemple des véhicules qui nous précèdent, il est parfois préférable de rouler sur le bas-côté où l’on est un peu moins secoué…

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Philou... à Pire Goureye

Philou… à Pire Goureye

Après quelques passages difficiles, nous parvenons à Joal, où nous bifurquons sur N’Dangane par la piste. Celle-ci est en latérite (rouge), et ressemble assez à celle qui nous avait mené de Diama à St Louis. Quelques bonnes bosses en plus, quelques bons trous, et surtout quelques passages particulièrement désagréables de tôle ondulée sur lesquels Titine tremble de toute sa carrosserie. Au bout de 20 kilomètres, nous croyons arriver par deux fois à N’Dangane en traversant un premier village (Samba Dia), puis un second (Fimela). Mais il reste alors encore 7 kilomètres, et nous retrouvons une route… et de nouveaux nids de poule assez ravageurs. Mais merci Titine, puisque les lumières de N’Dangane sont bientôt en vue… Objectif atteint !

Cases et rôniers près de Joal

Cases et rôniers près de Joal

Le détour
Chez « tata Odile «  – Nous arrivons de nuit à N’Dangane, et comme je ne sais pas du tout où trouver mes contacts de l’association, nous allons directement à la seule adresse que je connais : le campement du Cormoran, où j’avais passé une nuit lors de mon précédent séjour comme à St Louis. Je me présente à la gérante, nous lui expliquons notre périple ainsi que ma mission pour l’asso (cette fois, Philou arrête de dire qu’il vient bosser lui aussi). Comme nous sommes fatigués, la brave dame nous paye un coup à boire et puis dans la foulée, propose aussi de nous inviter à manger et de nous loger gratos pour la nuit ! (Amoul dara fi ?!). Nous acceptons sans nous faire prier… Pour nous débarrasser des importuns qui nous attendent à l’entrée du campement pour nous héberger ou nous proposer je ne sais quel plan, Odile conseille à Philou de se présenter comme son neveu. Dès la nuit suivante, j’emménage dans ma case tout confort (douche, lavabo et toilettes… mais sans eau courante ni électricité) tandis que comme dans le désert, Philou choisit la solution de luxe en restant loger au Cormoran presque toute sa semaine sénégalaise… et en appelant Odile « tata » ! Une bonne adresse, qui deviendra vite ma seconde maison sénégalaise puisque j’y serai toujours accueilli à bras ouverts par Tata Odile ou par Tonton Christian, tout aussi sympa que sa dame.

La rencontre

Bamba, Cheikh, et Philou

Bamba, Cheikh, et Philou

Les amis du Wolof – Après une première soirée terrible en leur compagnie, Cheikh, Abdoulaye et Bamba ont insisté pour nous inviter à manger le Thiep Bou Dien le lendemain midi. Après une courte hésitation, nous décidons que N’Dangane pourra encore nous attendre quelques heures et nous acceptons. La veille, nous avions longuement sympathisé avec eux en partageant quelques bières, puis le thé à la sénégalaise. Bien dans l’ambiance, j’avais ressorti ma panoplie de conteur, mais c’était quand même la première fois que je testais un conte africain devant de vrais africains ! Quelques histoires, quelques blagues, une chanson sénégalaise, un p’tit tour de magie, et puis aussi quelques bons échanges de culture sénégalo-française : nos amis sont impliqués dans une association, « Les amis du Wolof », dont le but est de faciliter les rencontres entre touristes et autochtones (cours de wolof, excursions découvertes avec des guides locaux…).

Après un si bon moment, nous revenons donc avec plaisir en fin de matinée. Le Thiep Bou Dien est excellent, les échanges toujours aussi riches.

Thiep Bou Dien à Saint Louis

Thiep Bou Dien à Saint Louis

Cheikh est un gars très ouvert, il a la tête bien faite et le discours facile. Abdoulaye est plus discret mais parle avec sagesse et intelligence. Quant à Bamba, il est aussi très sympa mais insiste un peu trop pour qu’on adhère à leur asso ou nous fourguer quelques statuettes… Après le repas, Cheik m’initie à la préparation du thé tandis que Philou découvre les règles de l’Awalé avec Bamba. Nous prenons congé de nos hôtes après un moment plus que sympa. Il faut bien songer à rallier N’Dangane tout de même…

La p’tite histoire
Le Dragon du Jogmay – Après l’excellent repas de Tata Odile, Philou et moi choisissons de terminer la soirée par un petit tour au « Jogmay », la discothèque du village. Il est 23 heures et la foule n’est pas encore là. Quelques sénégalais, et puis une toubab d’une cinquantaine d’années en train de s’exciter toute seule sur la piste… Cela me fait penser que je dois retrouver à N’Dangane une certaine Evelyne, susceptible de travailler avec moi pour l’asso. Bingo, j’ai tiré le gros lot : la folle hystérique, c’est elle. Lorsque nous nous présentons, elle éclate de rire et puis hurle qu’elle est super contente de me voir enfin arriver, qu’elle a plein d’idées pour l’asso, qu’il y a plein de choses à faire au centre… (Moi je viens de me taper 6200 bornes, c’est pas pour me mettre au boulot tout de suite !) Elle reboit une bière et puis retourne danser pendant que je m’installe au bar avec Philou. Elle revient à la charge plusieurs fois, me broyant chaque fois l’épaule pour mieux me crier dans les oreilles. Les deux seules phrases qu’elle me répètera au moins cinq ou six fois ce soir-là sont : « J’ai passé douze heures à tout nettoyer au centre, je pourrais te montrer les photos avant et après ! » (c’est bien mais personne ne lui avait demandé de le faire !) et « Il faut absolument qu’on mange ensemble demain soir ! ». Chaque fois, elle reprend une gorgée de bière et court redevenir la reine de la night au milieu des blackos… Philou rigole doucement en me glissant « C’est un délice c’est femme, ça va être un plaisir pour toi de travailler avec elle… » C’est à l’issue de cette soirée-là qu’elle héritera du surnom de « dragon ». (Pour la petite histoire, je n’aurais finalement pas à travailler avec elle pour cause d’incompatibilité de caractères et de projets. Ouf).

L’œil de Philou
Philou« L’hystérique qui tape sur la voiture et qui veut nous coller une amende. Le parc automobile et les routes sénégalaises, les paysages sénégalais à un pas de sénateur, le coucher de soleil sur les rôniers et les baobabs, l’arrivée à N’Dangane. Le soulagement d’avoir convoyé le petit à sa maman jusqu’a l’objectif final. La rencontre d’avec tata Odile et ses deux clients pêcheurs (on a bien rigolé). La découverte de l’accueil des sénégalaises (on doit être vachement attirant quand même !!!) puis … l’arrivée, que dis-je l’irruption d’Évelyne dans notre voyage à nous. Quelques minutes plus tard je fais une scène de ménage à Cissou en lui disant qu’il est encore à moi pour une semaine. Peu de temps après il me supplie de lui donner mon billet d’avion. Mon Cissou dans notre lit de couple au Cormoran, il ne m’a pas lâché pour le dragon, ouf ! »

magneto-100Et dans le magnéto…

  • Commentaire de Philou sur la route « au pays des capots ouverts »

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  •  … et un peu loin, en passant près de la côte à Joal

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