Au rythme du Saloum

N’Dangane, mercredi 14 juillet 2010

Oh, la belle nuit de sommeil ! Sans ventilo mais sans chaleur excessive, sans moustiques (merci la moustiquaire), sans les palabres matinales du voisinage, seulement les chants d’oiseaux du Mazet…

D’excellente humeur et pas vraiment pressé, je m’assois pour bouquiner sur la terrasse. Mais il est bientôt 10 heures, et il ne faudrait pas rater le rendez-vous du café touba de Khady !

Après quelques salutations, nous commandons l’incontournable « m’bourrou ak chocolat » (pain tartiné de chocolecca) à la non moins incontournable boutique des Mauritaniens. Encore quelques salutations, et nous sommes installés sous la cahute, juste à côté de l’hôtel Pélican. Comme il est un peu tard, nous sommes les seuls consommateurs…

Un cycliste au bord du Saloum

Peu après, nous descendons en direction du Saloum voir si le fleuve est toujours là. Baba n’est pas dans sa boutique, mais nous interpelle du petit restaurant d’Angèle situé à côté. Les retrouvailles sont chaleureuses.
Une nouvelle coupure de courant a placé Baba au repos forcé. Il est « célibataire » depuis quelques jours, Ousmane étant à Dakar (avec la petite Mariama) chez sa soeur Rama qui vient d’accoucher, tandis que les trois garçons sont chez leur grand-père à Sindia.

Après quelques palabres dans la boutique, nous descendons nous assoir sur le pont de l’embarcadère, les pieds dans l’eau. Puis nous allons saluer « l’architecte » qui a rénové la grande maison située derrière le restaurant « les piroguiers », avec son jardin, sa piscine, et son immense terrasse avec vue imprenable sur le Saloum… Il est plus de 15 heures, le courant n’est toujours pas revenu. Baba réussit à nous obtenir deux sandwichs au resto « chez Adèle », et se commande une assiette de thieboudien. Il règle lui-même l’addition…

Sur le chemin du Mazet, nous saluons la famille chez Moussa. Le repas s’est terminé il y a peu. Les chaises se libèrent immédiatement et nous sont proposées. Il serait impoli de repartir sans attendre le thé en cours… L’appel de la sieste devient trop fort après le premier verre.
En sortant de chez Moussa, nous croisons un imposant colosse, torse nu. Sans doute troublée, Bichetteka en reparlera en inaugurant ce jour-là une nouvelle expression : « torse bras« .

Elle se rattrape en ayant la géniale idée de dérouler une grande natte à l’ombre, au courant d’air sous les arbres… C’est dans ces conditions idéales que je boucle ma première lecture (le jubilatoire « comment j’ai mangé mon père« ) avant de sombrer à mon tour.

Les fondamentaux reviennent vite : après la douche, vient l’appel de la bière… En route pour le coucher de soleil aux Piroguiers ! Pour le coucher de soleil, c’est raté : en juillet, il ne se couche pas face à la terrasse comme en octobre, mais sur le village de Sambou. Peu importe, la bière est fraîche et le petit vent très agréable. Claire en profite pour envoyer un SMS aux keupines (qui répondent instantanément, avec une pointe de jalousie), tandis que je tente de joindre l’ami Ameth. Celui-ci est en route sur la route de M’Bour… il promet de nous retrouver en soirée.

Comme la veille, Pape Kane nous a rejoint et commande un habituel « Schweppes tonic ». Les douleurs musculaires dans son bras accidenté restent fortes (et le traitement quotidien coûteux). Une prochaine opération pourrait lui permettre de retrouver un peu de mobilité au niveau de l’articulation du coude.

Finalement, nous terminons chez Fa où je retrouve Bissane, la grande soeur de Kiné, que j’avais connue à Parcelles avec Thom en 2002, une grande dame « énorme, dans tous les sens du terme ». A l’époque, elle n’arrêtait pas de répéter qu’elle voulait m’épouser, et reprend le même petit jeu. Après les salutations, nous prenons exceptionnellement les sandwichs « à emporter » puisqu’Ameth doit nous retrouver au Mazet. Sur les conseils de Fa, nous ajoutons deux sandwichs « Flrokhchthiaya » (à la viande grasse de mouton), après avoir tenté vingt fois d’en prononcer correctement le nom.

Ameth finit par nous rejoindre très tard , en compagnie de son plus jeune fils aux quatre prénoms (Babacar/M’Baye/Pipo/Papa). Les sandwichs sont froids et les Flrokhchthiaya un peu raides sous la dent. Ameth est en pleine forme même s’il ne bosse plus depuis plusieurs mois. Il a également divorcé, sans rentrer dans les détails (wakh feign !).

Un peu plus tard, c’est Soukeye qui vient nous saluer accompagné du père de son troisième enfant. Entre divorces et famille élastique, la généalogie africaine demeure bien difficile à établir !

En terrain connu… »»

« Un car pour N’Dangane