Sénégal-Gambie : une histoire de frontières

Je découvre ce jour sur le site de Libé le blog Africa4, qui propose les regards croisés sur l’Afrique de deux éminents enseignants d’université. Le billet du jour évoque l’histoire de la frontière entre Sénégal et Gambie : « deux lignes parallèles aux deux rives du fleuve Gambie », tracées en 1889 par un émissaire français afin de délimiter l’espace “raisonnablement” accordé aux Britanniques…

Traversée du fleuve Gambie

Traversée du fleuve Gambie au bac de Farafenni

J’ai traversé deux fois la Gambie pour me rendre en Casamance (et en revenir), par la route transgambienne et et le bac de Farafenni. Si la traversée du fleuve est relativement courte, le passage des postes-frontières et l’attente en zone d’embarquement – avec cette incroyable colonne de véhicules qui attendent leur tour – constituent déjà un voyage incroyable.

L’article évoque les multiples rôles que joue cette frontière depuis sa création.

Le marché de l’embarcadère à Farafenni

Le marché de l’embarcadère à Farafenni

« En jouant sur les distorsions fiscales entre les deux colonies (Sénégal français et Gambie britannique), puis entre les deux pays indépendants, les commerçants ont toujours pu maximiser leurs profits. Et il est bien entendu qu’ils ont toujours eu un impact sur le pouvoir politique, notamment au niveau métropolitain pendant la période coloniale ; puis se sont révélés des leviers de mobilisation du corps électoral non négligeables dans des systèmes de type clientélistes. Toutefois si les gouvernants sénégalais et gambiens ont intérêt au maintien de la frontière et de ses asymétries, et ce en dépit des discours sénégalais sur la fraternité brisée, les populations se sont accommodées de la situation. Au quotidien, elles utilisent la frontière. En fonction du cours de la monnaie, du prix de vente des produits, elles font leurs achats d’un côté ou de l’autre de la frontière. Elles ont donc intégré dans leurs dispositifs de mobilité spatiale l’opportunité de frontière. Il convient ici de souligner que si la frontière est un outil de spéculation, elle n’empêche en rien le maintien de liens sociaux et culturels. La frontière est en soi un paradoxe et divise tout autant qu’elle lie. » (Source : Blog Africa4 sur liberation. fr)