Octobre 2002 : l’acclimatation

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Au Sénégal, les premières semaines de ma vraie vie africaine, prise de repères et prise de rythme entre la brousse du Saloum et la jungle de Dakar…
À la rencontre des habitant de N'Dangane avec Philou

À la rencontre des habitants de N’Dangane avec Philou

Après dix jours de périple automobile depuis la France et la traversée du désert mauritanien, nous entrons enfin Philou et moi dans l’Afrique noire en passant la frontière sénégalaise. Une journée de break à St Louis, une autre pour traverser le pays du nord au sud et je posais mes valises à N’Dangane le 5 octobre en emménageant « aux Alpes » (Chicao), dans ma case sénégalaise sur les bords du Saloum… Philou accompagnait encore ma première semaine sénégalaise, découvrant avec moi ceux qui allaient partager mes 4 premiers mois à venir à N’Dangane. Mais toutes les belles aventures ont une fin, pour Philou en tout cas qui montait dans l’avion du retour pour la France le 11 octobre, me laissant seul face à mon rêve africain. Seul ? Non bien sûr, déjà Aziz, Ameth, Pape Kane et compagnie se pliaient en quatre pour faciliter mon adaptation.

Amath et Fatou, chez Aïda à Dakar, quartier Colobane

Acclimatation à la température évidemment, dans cette période moite et humide de fin de saison des pluies, mais aussi au rythme africain, à cette vie où tout prend le temps d’être fait et dans laquelle tout s’arrête aux heures les plus chaudes de la journée… Le fait de m’installer durablement est aussi pour moi l’occasion de dépasser les traditionnels rapports entre sénégalais et « toubabs » (blancs) dans un pays largement marqué par le tourisme. Quittant ma panoplie de simple touriste, je découvre avec un immense plaisir le visage le plus authentique du Sénégal, un an après mon premier séjour au pays de la « Teranga ».

Globalement, ce mois d’octobre est essentiellement un mois de « vacances », marqué par les petites visites avec Philou avant son départ, les festins sénégalais quotidiens préparés par mon ami cuistot Ameth, les coups à boire au bar du Cormoran ou au Jogmay, les séances de thé, les siestes entre 13 et 15 heures, la teranga et la douceur de vivre, de N’Dangane à Dakar où je retrouve mon ami Amath… C’est aussi plusieurs dizaines de cartes postales envoyées à la famille et aux amis restés en France pour leur assurer que tout va pour le mieux !

Badou, en route pour le jardin d’enfants du CLEP

Ce mois d’octobre est encore pour moi celui de la découverte de la réalité sur place du projet de l’action Jángalekat pour lequel je me suis engagé à venir passer 4 mois à N’Dangane. Pressé de faire des choses et d’apporter ma pierre à l’édifice, je découvre rapidement qu’il est « urgent d’attendre », suite à cette sage réflexion d’un membre de l’association : « tout ce qu’on a voulu faire trop vite, on s’est planté… »

Alors que les activités reprennent doucement, je prends le temps de découvrir le centre et ceux qui le font vivre (animateurs et enfants), je mets des visages sur des prénoms si souvent entendus en réunion, j’observe le fonctionnement sénégalais, je cherche ma place au milieu de tout cela. Une période de découverte de la réalité sénégalaise, de prise de repères, d’analyse et de réflexion nécessaire avant toute action dans un contexte nouveau et méconnu…

Faits marquants :

Carnet de voyage, octobre 2002

Novembre 2002 : je suis un sénégaulois »»

« Introduction : ailleurs et autrement