Sénégal : de Saint Louis au Siné Saloum (2001)

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petit-d-hommeLe tout premier voyage…

Mes envies de voyage et de découverte m’ont dévoré pendant une année entière. Brochures, magazines, carnets de route sur le net, j’ai passé des heures à m’évader virtuellement… Mon début de 21ème siècle devait être marqué par un grand voyage, c’était écrit ! Dés le mois de janvier, je savais que rien ne pourrait m’empêcher de partir. Destination ? L’Afrique, évidemment… Aucune autre région du globe ne me fascine pareillement que ce continent, terre de contrastes saisissants où la misère n’altère pas la joie de vivre, où la pauvreté n’empêche en rien la générosité. Mais par où commencer ? Il y a tant d’Afriques…
En attendant le Burkina des amis Saaba, le Niger de mon filleul Abourahamane ou la Mauritanie et ses dunes, le Sénégal constituerait ma première destination.

      Martin Circus - Je m’éclate au Sénégal

Tous les samedis j’vais danser à Pigalle
Mais j’crois bien que je vais me faire la malle
Dans un pays où chantent les cigales
J’vais aller m’éclater au Sénégal !…»
(interprété par Martin Circus en 1971…)

Séduit par la formule originale « expédition aventure » et le circuit proposé par l’association Arvel Voyages, je me renseigne sans tarder en ce début d’année 2001. Prêt à partir seul, jusqu’au moment où petite soeur se propose de m’accompagner dans cette aventure ; elle aussi rêve de revoir l’Afrique depuis son voyage au Burkina. Pascal se laissant tenter à son tour, nous serons donc trois au départ. Quelques jours avant le départ, nous apprenons que par un incroyable fait du hasard, les « cousins » toulousains de la famille Maynau (Annie, Daniel et leur deux filles Céline et Marion) sont inscrits sur le même séjour que nous… Annie est une cousine de ma maman ! Voilà qui est cocasse, on ne devrait pas s’ennuyer au cours de ce voyage avec une telle équipe.

Trio de voyageurs pour le Sénégal

Trio de voyageurs pour le Sénégal

Dés que notre inscription est confirmée, je deviens d’une impatience incroyable… Le Guide du Routard et le Lonely Planet deviennent pour quelques mois mes livres de chevet ! Après moult péripéties (annulation du séjour au départ de Lyon, problèmes de dates de congés pour Pascal, de stages estivaux pour Nanie, de demande tardive de passeport pour moi…) et les vaccinations d’usage, tout rentre dans l’ordre à quelques jours du grand départ. Nous monterons la veille sur Paris en allant faire un p’tit coucou à Nico et Anouly qui habitent tout près de Roissy.

Ce voyage que j’ai déjà fait cent fois en rêve depuis des mois se rapproche à grands pas, je ne réalise pas encore la proximité de la belle aventure qui va s’offrir à moi. Tout ce que j’ai pu lire, apprendre, écouter et imaginer de ce pays depuis plus de six mois va enfin prendre corps et devenir réalité ! Sans doute est-ce la raison pour laquelle je ressens cette sorte d’impatience mêlée à de l’appréhension… Et si j’étais déçu ? Et si ce voyage ne remplissait pas toutes ses promesses ?

Non, c’est impossible, on ne peut pas revenir déçu d’un tel voyage, de tant de dépaysement, d’une telle immersion au cœur d’une population étrangère aussi formidablement accueillante que les africains ! A moins d’oublier de s’enivrer, à moins d’oublier de se plonger totalement dans cette culture fascinante… Mais je pars avec en tête le message de ce proverbe africain : « Une calebasse pleine ne peut accueillir l’eau fraîche ». Je quitte donc un temps ma peau de « toubab » et mes soucis pour me glisser dans celle d’un voyageur curieux et passionné par les rencontres, les paysages et les événements qui ne manqueront pas d’alimenter ce séjour. Je pars à la recherche de quelque chose qui me manque ici, peut-être un bout de moi – ou de ma légende personnelle, en quête peut-être de liberté, d’évasion ou d’amour… Qui peut dire ce qui m’attend là-bas ?

Des éléments de réponse dans cette citation de Senghor, sur les bords du Lac Rose...

Des éléments de réponse dans cette citation de Senghor, sur les bords du Lac Rose…

Que survienne le voyageur porteur d’autres connaissances, expériences, ayant sur le monde visible et invisible d’autres conceptions, d’autres avis, d’autres options, et voici que s’engage peut-être le dialogue, que s’amorce une découverte mutuelle où le plus riche n’est pas nécessairement l’étranger, mais où deux faces de la curiosité se rencontrent non pour un défi, mais pour un complément. Et si le levain laissé par le voyageur est levain d’inquiétude au sens le plus profond, qui s’en plaindra ?»
(L.S.S alias Léopold Sedar Senghor, homme de lettres et premier président de la République du Sénégal indépendant)

Mon carnet de voyage Sénégal 2001 :