Un paradis à Ouzoud, un ange à Essaouira

Les cascades d'Ouzoud

Les cascades d’Ouzoud

Samedi 28 septembre 2002, Khenifra-Essouira

Ton rire est une cascade
dans laquelle je me baigne
Une source chamane
quand j’ai le cœur qui saigne
Ton rire est un torrent qui enfle le moment
Une source d’eau fraîche quand vivre c’est la dèche…
(Jean-Louis Aubert)

L’étape : Khenifra (Maroc) – Essaouira (Maroc)
Traversée matinale de Beni Mellal direction Marrakech, long détour pour rejoindre Ouzoud après avoir manqué la route… En fin de matinée, longue pause pour la visite des cascades d’Ouzoud avec guide Saïd Chaouki puis baignade, tajine et troc. Traversée rapide de Marrackech sans s’arrêter, direction Essaouira. Crevaison à quelques kilomètres de l’arrivée ! Installation au camping, balade nocturne dans la ville puis deuxième resto de la journée (Le Laayoune), très sympa. Nuit au camping d’Essaouira.
Kilomètres du jour : environ 600 (dont au moins 200 bornes pour le détour par Ouzoud).
Depuis le départ : 3200.

En passant par Marrakech...

En passant par Marrakech…

Les SMS du jour
sagem-sms– Lolo, 01h26 :  » Alors, pas de news aujourd’hui ? J’ai un forum à alimenter, moi ! Vous êtes à Rabat ? Bises. Lolo « 
– Lolo, 18h12 (sur le forum) : « Sans nouvelles de nos 2 globe-trotters depuis jeudi soir et je trouvais ça un peu bizarre (pas d’appels, pas de SMS, plus rien, le manitoba ne répondait plus !). J’ai donc essayé d’appeler Cy-real en fin d’après-midi samedi, et je suis tombé sur lui. Ils étaient à Marrakech (ils ont finalement choisi de ne pas passer par Rabat), ils filaient sur Essaouira et ils étaient grave en cannes (pour reprendre leur expression favorite).
Seul petit problème : Orange avait coupé la ligne télephonique de Cy-real parce qu’il avait dépassé le plafond de ses communications hors-forfait. En bon frère, j’ai du intervenir auprès d’Orange pour régler moi-même la facture (salée la note, merci Cissou !) afin de débloquer la ligne. Et les SMS pleuvent à nouveau… »

Paysage vers Ouzoud

Paysage vers Ouzoud

– Cy-real & Philou, 20h08 : « Plus que 100 kilomètres et on retrouve l’océan… Et la route prévue ! 3100 bornes déjà parcourues avec une traversée du Maroc déjà inoubliable… »
– Cy-real & Philou, 22h32 : « Bien arrivés à Essaouira, malgré une crevaison. Tente plantée, prêts à affronter la vie nocturne. Peut-être pêche en mer demain. Envoie nous résultats des matchs au lieu de boire. Philou. »
– Lolo, 23h11 : « Victoires conjuguées du SOPCC et de l’ESSJT… »

L’image
Les cascades d’Ouzoud – Une beauté indescriptible. Pas de mots inutiles, les photos suffiront.

ma2002-09-cascades-ouzoudCombien ai-je pu prendre de clichés dans ce lieu féérique, en jonglant entre mes deux appareils ? C’était une bonne idée un appareil APS, vu la hauteur des cascades. Je me souviens avoir terminé ici ma première pellicule de 40 poses, et d’avoir eu la bonne idée de la retirer immédiatement pour la ranger dans mon sac… Bonne idée, puisqu’en quittant les cascades je ne retrouverai pas l’appareil. Les photos ont été sauvées, c’est l’essentiel. Tant pis pour l’APS, on se passera des panoramiques dans le désert !

Le détour
Ouzoud – Pour détour, il y a eu détour. Philou dormait, j’ai raté la route après Beni Mellal et l’itinéraire « Bis » qu’on a emprunté à rallongé le trajet d’au moins 200 kilomètres (heureusement, la route était belle !).

La magnifique route vers Ouzoud

La magnifique route vers Ouzoud

A force de faire des bornes en pleine cambrousse sans un panneau, on avait fini par se demander si ces cascades n’étaient pas un immense piège à touristes, mais cela valait bien le détour. Parce que le site d’Ouzoud est un véritable jardin d’Eden, un petit paradis terrestre comme seule la nature sait en offrir : falaise vertigineuse, cascade somptueuse, vallée lumineuse. Par un sentier, notre guide Saïd nous mène au pied des chutes et l’on se sent bien petit en levant les yeux vers le sommet de la falaise. Nous nous posons sur l’une des terrasses ombragées pour mieux apprécier le décor, bercés par le chant de l’eau en buvant un coup, peinards.

Philou et notre guide, aux cascades d'Ouzoud

Philou et notre guide, aux cascades d’Ouzoud

Mais il fait chaud, la tentation est trop forte, et la baignade inévitable : Philou et moi nous jetons joyeusement à l’eau dans un cadre surréaliste, à quelques mètres de l’impact des chutes. La visite se termine par une petite tajine fort appréciée et le traditionnel verre de thé à la menthe, avec la musique de Zap Mama. Décidément, on a bien fait d’acheter ici.

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La rencontre
L’ange d’Essaouira – Mon Philou et moi passons une soirée des plus romantiques : petite balade nocturne dans les rues d’Essaouira suivie d’un petit resto (Le « Laayoune« ) en tête à tête à la lueur des bougies (on commence à prendre l’habitude de passer pour des homosexuels). A une table en face de nous, un couple d’étrangers a terminé son repas et la jeune fille demande timidement une cigarette à Philou. Taxé régulièrement par les autochtones depuis la frontière, celui-ci la taquine : « Tu es une vraie marocaine, toi ! ». La jeune femme est en réalité belge flamande, mais vit en Espagne avec son ami, un postier espagnol un peu neuneu qui ne parle pas français et sera du coup mis à l’écart de la discussion.

Un ange à Essaouira...

Un ange à Essaouira…

Nous parlons de notre périple et nous expliquons le but de notre voyage (pour simplifier les choses, on dira souvent aux gens que Philou part lui aussi pour un an !). La jeune fille – qui s’appelle Kathryn – se montre particulièrement intéressée puisqu’elle même a participé à une action humanitaire de plusieurs mois en Amérique du Sud. Pleine de vie, curieuse, enthousiaste, cultivée et drôle, cette fille a tout pour plaire. Elle a 26 ans, un accent flamand craquant, un sourire enjôleur, des grands yeux clairs à se noyer dedans… Comme moi, Philou est sous le charme. (Mais qu’est-ce qu’une fille aussi vivante et enjouée fait avec un gars aussi terne ?) Elle nous abandonne avec lui au bout d’une heure de discussion très sympa… Un ange passe.

Nous restons assis quelques secondes dans le resto, avec un sourire benêt et le regard nostalgique. Réalisant alors que nous avons fait une bêtise en négligeant d’immortaliser cette charmante rencontre, nous nous empressons de régler la note pour les rejoindre un peu plus loin dans la rue. Lorsque nous sollicitons séance photos et adresse en promettant d’envoyer les clichés, la belle nous demande étonnée : « Mais vous, vous n’êtes pas des français un peu fous ? » Elle se prête au jeu en riant et nous prenons les photos. Nous regagnons le camping. Nous nous endormons un sourire aux lèvres, le cœur joyeux. Sans doute un peu amoureux…

La p’tite histoire
Couscous Business – Très sympa, notre petite guide d’Ouzoud : patient et disponible, Saïd nous accompagne tout au long de notre visite.

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Mômes marocains à Ouzoud

Mômes marocains à Ouzoud

Après deux heures de balade – et le règlement de ses honoraires, il nous propose même de faire un détour (encore un !) par chez lui pour nous faire goûter l’alcool de figue… Philou se laisse tenter, et continue sa braderie en laissant un nouveau tee-shirt en échange de quelques centilitres. « Sans vouloir abuser », Saïd demande ensuite « à tout hasard » si on n’aurait pas autre chose pour les enfants, la famille, « silvôplé… » Allez, prends ces deux casquettes… et puis trois cahiers… et puis quelques stylos … et puis stop, on va peut-être s’arrêter là parce qu’il faut pas pousser mémé dans les orties Saïd ! Nous prenons congé de notre guide un peu plus légers. C’est aussi en quittant Ouzoud que je constaterai la disparition de mon appareil APS… Perte ou vol, le doute subsiste encore !

L’œil de Philou
Philou« Cissou qui prend goût aux modifications d’itinéraire. Lorsque je me réveille il m’annonce guilleret que nous allons aux cascades d’Ouzoud, que c’est génial, à voir absolument, bref il vend bien son produit. Et quel produit, un cadre grandiose. La baignade dans le petit lac formé au pied de la cascade, les marocains s’affolent de nous voir nager (la plupart ne savent pas nager). L’arrivée sur Essaouira avec la traversée du reg au soleil couchant, un paysage lunaire.

En route vers Essaouira...

En route vers Essaouira…

Mon Cissou qui s’énerve pour la première fois sur les sardines de la tente qui refusent obstinément de s’enfoncer dans les galets. Et puis, et puis … la rencontre trop courte avec Katrhyn. Je l’ai vu le premier, hein !!! Pis heureusement que je fume. J’ai même demandé au serveur de me trouver un paquet de cigarettes pour être sûr de pouvoir lui en offrir d’autres !!! »

magneto-100Et dans le magnéto…

  • L’ambiance musicale du resto tajine d’Ouzoud (Zap Mama)

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  • L’interview de guide Saïd

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