L’expérience Casamance

Bignona, 26 juillet 2010

Dans le petit matin à Medina Wandifa…

Après une très longue nuit et deux petites heures de mauvais sommeil, j’abrège le calvaire en décrétant l’heure du réveil vers 5h15, quand le coq et le muezzin se mettent à chanter de concert… Ça bouge aussi dans le taxi et Bichetteka me rejoint. Elle sourit, mais je crois bien qu’elle m’en veut…

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Impossible de trouver de quoi prendre un petit déjeuner dans ce trou, et c’est donc le ventre vide que nous reprenons la route de Bignona vers 7h, après l’ouverture du barrage. Claire ne tarde pas à se rendormir, alors que je redécouvre avec un immense plaisir les paysages verdoyants de Casamance.

Bignona, enfin ! Un détour par la boutique de la gare routière s’impose afin d’acheter une recharge téléphonique, afin de contacter Siradiou (le frère d’Ousmane) qui m’avait déjà hébergé lors de ma précédente visite. Un petit tour en taxi plus loin, c’est son ami Pape qui nous accueille (tout en gérant en même temps son réseau téléphonique, le portable vissé à l’oreille…) Après un petit déjeuner dans une boutique du marché (kinkeliba et… viande de foie, argh), nous parvenons enfin à l’immense quincaillerie où Siradiou travaille.

Les retrouvailles sont chaleureuses, et toujours très prévenant, Siradiou nous installe des matelas dans l’arrière-boutique pour nous permettre de nous reposer, en attendant l’heure de la descente (la fin de sa demi-journée de travail). Après une première nuit en Casamance mémorable, notre première matinée à Bignona se déroule comme ça : sur un matelas, dans une quincaillerie.

Vers midi (enfin, plutôt 13 heures), nous prenons la route de la maison Diallo, où je retrouve tonton Ablaye. Nous sommes finalement peu nombreux autour de l’excellent plat de thieboudien, et je ne retrouve pas l’effervescence joyeuse qui agitait la maison de Néné Bania deux ans plus tôt. Évidemment, Ousmane n’est pas là, son sourire et son éternelle bonne humeur me manquent !

Une nouvelle longue attente commence sur les nattes, dans la cour… Ablaye nous tient compagnie et me fait le cadeau de ce proverbe sénégalais.

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Ndànk-ndànk ay jàpp golo cib ñaay
(Pas à pas on arrive à attraper le singe dans la forêt)

En attendant, pas à pas, c’est surtout l’ennui qui s’installe dans le faux-rythme de cette journée…

Finalement, nous retournons chez Siradiou où nous retrouvons Pape. Siradiou est bien équipé dans sa petite maison, il y a même un ordinateur et une connexion internet. J’en profite pour prendre quelques infos sur l’île de Carabane, que nous espérons rejoindre le lendemain en passant par Ziguinchor. Il faudra aussi réserver le billet de retour en bateau Ziguinchor-Dakar…

En début de soirée, j’accompagne Siradiou sur sa mobylette pour aller chercher un plat de spaghettis à la viande dans une « cantine » voisine, fréquentée uniquement par des hommes. Un peu plus tard, c’est évidemment autour d’un thé que se termine cette étrange première journée en Casamance.

Je promets à Bichetteka plus d’animation pour le lendemain… sans me douter de ce qui nous attend !

Carabane, le paradis perdu »»

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