Soukons ferme !

Marrakech, 22 avril 2009

Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui le connaît, tu pourrais ne pas te perdre… (Rabbi Nah’man de Bratzlow)

A nous les souks ! Que ce soit la proprio du riad ou le routard, tout le monde est d’accord : pas la peine de trop chercher à se repérer puisque de toutes façons, nous nous perdrons ! Il est même fortement recommandé de savoir se perdre dans les souks pour sortir des sentiers battus…

J’ai jeté un oeil distrait sur le plan afin de ne pas rater l’entrée : il suffit de remonter la rue jusqu’à la mosquée Mouassine. Une fois dedans, on verra bien !

Marrakech, quartier berbère

Marrakech, quartier berbère

C’est plutôt calme de bon matin. Du coup, on est très vite repérables : première intersection, première hésitation… et premier abordage. “Oui, vous cherchez quoi ? Vous voulez voir les tanneurs ? Le quartier berbère ?” Pris au saut du lit, je manque un peu de répondant, je n’ai pas envie d’être accompagné par le premier jeune venu (qu’il faudra payer), et en même temps j’ai bien envie de voir les tanneurs (Karine beaucoup moins). Bref ! Sans volonté, nous nous laissons entraîner vers le nord – sans traverser les souks ! -, jusqu’au quartier des tanneurs. Le quartier est sympa, peu touristique ; nous traversons un marché avant d’arriver enfin aux tanneries repérables à l’odeur. Là, un deuxième guide “spécialiste des tanneries” nous attend, un bouquet de menthe à la main…

Je gardais un super souvenir des tanneries de Fès, celles de Marrakech font peine à voir : l’endroit ressemble à un terrain vague où s’entremêlent les cuves, les peaux, des poutres maintenant de vieilles nattes, des sacs de chaux au milieu d’immeuble délabrés. L’activité est au ralenti en cette période de l’année et le spectacle est assez désolant…

Les tanneries de Marrakech

Les tanneries de Marrakech

Vélo abandonné à la tannerie...

Vélo abandonné…

La visite se poursuit dans un petit immeuble, avec détour par la boutique de l’herboriste du premier étage (non, merci !), la vue de la terrasse (pas intéressante) et enfin le détour par la boutique du cousin qui vend l’artisanat en cuir, poufs, sacs, ceintures, etc (pfffff…). Je dédommage rapidement nos deux pseudo guides en laissant 70 dirhams (oui, je sais, beaucoup trop pour le “service” rendu !) et nous nous sortons de ce traquenard en rebroussant chemin.

Je suis un peu agacé, mais je ne peux m’en prendre qu’à moi-même !

Bouchon à l'entrée des souks de Marrakech

Bouchon à l’entrée des souks de Marrakech

Nous retraversons le marché et retrouvons assez rapidement l’entrée des souks. Seul problème : elle est totalement bouchée par un petit camion de livraison qui tente de manœuvrer, créant un embouteillage monstrueux de piétons, de charrettes, de vélos et de mobylettes !

Il faut bien cinq minutes pour qu’il libère le passage, nous permettant – enfin d’accéder aux ruelles et à l’animation des souks.

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Souks de Marrakech

Souks de Marrakech

Enfin seuls dans ce gigantesque labyrinthe, nous savourons le plaisir de déambuler sans but précis, sans horaires, sans contraintes… Il n’y a que les klaxons de mobylettes et les sonneries de bicyclettes qui perturbent un peu notre balade en déboulant sans crier gare. Nous sommes un peu sollicités à droite à gauche (« bonjour la gazelle, ça va mon ami ? »), invités à voir de plus près « pour le plaisir des yeux », parce qu’« ici c’est moins cher », toujours très cordialement et jamais de manière insistante ou intrusive. Les contacts sont d’une extrême cordialité, nous échangeons beaucoup de sourires. Je reste impressionné par la quantité d’objets artisanaux qui s’entassent dans ces boutiques : combien d’objets sont exposés là depuis des années sans trouver preneur ?

Entrée du souk des sacochiers

Entrée du souk des sacochiers

Nous avons un peu de mal à nous orienter et à savoir dans quelle partie nous nous trouvons, tant les produits vendus dans les boutiques sont disparates. Sommes-nous dans le souk des babouches, celui des épices, celui des bijoux ? Non, nous pénétrons dans celui des sacochiers, c’est écrit sur l’arcade… Les marchands de tapis discutent en prenant le thé. Karine lorgne sur les services à thé exposés, sans trouver son bonheur. Tiens, nous voici dans le souk des ferronniers, où l’on martèle incessamment…

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Service à thé du Maroc

Service à thé du Maroc

C’est à l’angle de la principale artère des souks que nous repérons « notre » service à thé, en métal argenté martelé. Le jeune vendeur est très sympa (très commerçant aussi). Nous testons différentes configurations théière/plateau/verres, avant d’entamer la négociation. A ce moment là, le boss de la boutique prend le relais ! Prix de départ : 950 dirhams (95 euros). Je démarre prudemment à 400. Le prix baisse jusqu’à 700 dirhams, moment que nous choisissons pour feinter un départ… Le vendeur nous rappelle (ouf !) et nous tombons d’accord à 610 dirhams, ce qui me semble un commerce équitable.

Nous achetons dans la foulée… du thé, ainsi que quelques épices (Ras el Hanout 5 épices et un mélange gingembre-citron pour tagine). Je prends la photo de la boutique de l’herboriste en songeant aux paroles de la chanson de Bénabar « les épices du souk du Caire »… Ce ne sera pas la seule fois du séjour !

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Les épices du souk... de Marrakech

Les épices du souk… de Marrakech

Qu’on les range en vrac, qu’on les colle au mur,
Au fond d’un portefeuille, dans un disque dur
Au fin fond de la Creuse, à Paris 16ème,
On prend les mêmes poses, nos photos sont les mêmes !
Qu’on soit le frère, la sœur, les parents, la tante,
Toujours les mêmes photos, mates ou brillantes !
Des images inutiles sur toutes les vieilles pierres,
Le Mont-Saint-Michel, et les épices du souk du Caire !… (Bénabar)

On entend assez peu Bénabar dans les souks, mais il y a de la musique qui s’échappe très régulièrement des boutiques…

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Poteries dans les souks de Marrakech

Poteries dans les souks de Marrakech

Au fil des jours, notre repérage des souks ne cessera de s’améliorer. La colonne vertébrale autour de laquelle tout s’organise (ma référence), c’est l’axe le plus large qui conduit de la place Jemaa El Fna au quartier Ben Youssef (vers la medersa et le musée). « Si tu pars visiter sur la droite, tu le retrouves en revenant sur ta gauche. Si tu pars visiter sur la gauche, tu le retrouves en revenant sur ta droite !… » nous conseillera un commerçant.

Au terme de notre première expédition matinale, nous revenons en direction de la place Jemaa El Fna (ou ce qui devrait l’être). Combien de kilomètres avons nous parcouru ? Juste pour rire, j’aimerais pouvoir visualiser l’itinéraire que nous avons suivi, nos détours et nos errements !

Ah non, apparemment la place n’est pas par là : nous voilà au beau milieu du souk… des poulets.

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