Dakhla, étape marathon

Nous repartons tôt le matin pour l’étape marathon TAN-TAN à DAKHLA. Il fait gris lorsque nous descendons de nos montagnes et la pluie menace. Tant mieux, nous allons affronter le désert du Sud Marocain.

Nous déchantons rapidement car le soleil se met à cogner sévère. Rapidement les paysages deviennent désertiques avec pour dominante le REG. Les villages sont de plus en plus distant, les voitures de plus en plus rares.

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Philou dans le désert marocain

Philou dans le désert marocain

Passé TAN-TAN, nous longeons à nouveau la cote et le vent du large nous rafraîchi. La route est très belle et Titine est grave en canne. A TARFAYA, nous entrons dans la ville, la présence des militaires est importante. Nous prenons la direction du Port pour assister à l’arrivée d’un Sardinier.

Les pêcheurs de Tarfaya

Les pêcheurs de Tarfaya

Le spectacle est folklorique avec ses dizaines de pécheurs, porteurs déchargeant des tonnes de sardines à la main. Les odeurs sont nauséabondes et l’hygiène douteuse. Nous sommes les seuls touristes présents et personne ne vient nous importuner. Cela démontre encore une fois que si les touristes se font “ennuyer” en certain lieu de grand passage, ils ne doivent qu’a leur attitude et celle de leurs prédécesseurs. Ici les gens sont démunis mais aucun touriste ne leur a appris à faire la manche !!!

Reprise de la route vers LAYOUNE pour retrouver les interminables lignes droites de la national. Le paysage est monotone, des cailloux, des cailloux, des cailloux. De temps en temps quelques zones de végétation ou “paissent” des dromadaires.

Ah si ! une ligne électrique de 270 km en construction avec des pylônes français (G1 pour les connaisseurs !!!) m’occupe l’esprit. Je compare les techniques de constructions avec nos méthodes et explique tout à Cyril qui ne manque pas de s’endormir au bout d’un moment. M’enfin c’est beau une ligne ! , Païen va !!!

Nous apercevons parfois quelques dunes de sable au milieu des cailloux et même parfois plus de cailloux !

Le bitume du sud marocain...

Le bitume du sud marocain…

Après presque 900 km de ligne droite avalée nous approchons de Dakhla. Je profite d’un moment d’inattention de Cyril pour quitter la route et rouler dans le sable bordant la chaussée. Je m’éclate au volant (pas bien longtemps) avant de m’ensabler. Il m’avait dit de pas faire le con, je lui rétorque, je m’entraîne.

Philou la clope au bec, fier de son ensablement

Philou la clope au bec, fier de son ensablement

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Cyril sort alors de la voiture, il est paisible, il ne dit rien, tranquille. Je me débats avec la bagnole jusqu’au moment ou il se décide à pousser un peu !!! Bon c’est quand même un peu de sa faute, s’il avait conduit cela ne serait pas arrivé :).

Désensablement...

Désensablement…

Au bout d’un petit moment la voiture sort de l’ornière, j’ai compris qu’il faut garder le régime moteur haut alors je continue l’entraînement en zigzaguant entre les arbustes. Cyril mange la poussière à l’extérieur et me fait des grands signes pour rejoindre la route. A nouveau sur la route, il remonte dans la voiture, pas un mot, pas une remarque, il est trop cool, j’ai bien fait d’acheter avec lui !!!

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Au soleil couchant nous arrivons à la bifurcation vers Dakhla. Nous décidons de joindre le camping à la recherche d’autres routards pour faire un convoi et partager les frais de guide.

Arrivé sur le camping, nous prenons un bungalow à 25 francs la nuit. Il y a quelques 4×4 sur le camp mais à apparemment pas d’autre voiture avec lesquels s’associer.

Tant pis on verra demain, on prend la douche (froide) et direction un resto puis peut être un cyber.

Au resto nous patientons un long moment avant d’être servi et la température monte (dans nos têtes). Nous sommes crevés (surtout moi qui n’ai pas lâché le volant de la journée) mais Cyril a une crise de Cyber. Heureusement nous en trouvons uns et il se calme. Je dors dans la voiture pendant qu’il tape sur son clavier (avec frénésie je l’imagine !!!).

Bon an mal an Cyril nous ramène au camping (ah ! Son légendaire sens de l’orientation et ma célèbre courtoisie au réveil) pour une nuit profonde.

Le lendemain matin, nous cherchons des co-voyageurs pour le convoi mais ne trouvons personnes. Nous reprenons le long serpent de bitume vers la frontière (350 km) en espérant trouver notre bonheur sur place. En chemin Cyril appelle le guide pour lui donner rendez-vous. Il tombe sur son frère qui nous informe qu’il rappellera. Nous lui demandons de voir si d’autres personnes peuvent se joindre à nous ou le contraire.

Route du Sahara Occidental dans le sud du Maroc

Route du Sahara Occidental dans le sud du Maroc

Arrivés à la frontière, nous en terminons avec les derniers barrages des forces de l’ordre (police, gendarmerie, armée) mais toujours pas de nouvelles du guide. Pour les formalités, il nous en coûtera quelques bouteilles d’eau minérale. Finalement nous garderons un excellent souvenir des autorités marocaines.

Le douanier nous ouvre alors la frontière et le premier choc intervient.

Le goudron s’arrête pile poil sur la ligne de frontière. Derrière du sable et cailloux, pas un panneau, pas un bonhomme, pas un uniforme, rien le néant. Nous nous engageons sur les traces visibles, sans nouvelles de notre guide. Au loin le désert, des dunes, du sable partout, pas un troquet pas une mobylette à perte de vue.

Environ 2 km plus loin nous apercevons une tente défoncée et quelques hommes à l’extérieur. Nous pensons avoir à faire au premier poste de police mais que nenni. Pour la première fois du voyage, nous ne sommes disposé à nous arrêter et reprenons de plus belles la piste sable et cailloux.

Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous ensablons pour la première fois. Deux mauritaniens sortis du désert viennent à notre aide et nous prenons notre premier cours de désensablage. Repartis nous nous ensablons à nouveau 500 mètres plus loin. Rebelotte, les deux mauritaniens qui avaient du se douter de notre incapacité arrive paisiblement pour nous aider encore une fois. Ils en profitent pour nous ramener la pelle que nous avions oubliée plus tôt.

Premier constat, je ne suis pas un pilote du désert

Deuxième constat la frontière est à 20 km.

Troisième constat nous n’avons pas de guide.

L’un des mauritaniens nous explique que nous sommes sur la piste la plus sablonneuse et qu’il y a en amont une piste plus facile. Il ajoute que moyennant finance il peut nous guider jusque la frontière. Après une négociation ferme (de 200 dirhams à 120 dirhams) nous acceptons le deal. Nous voilà à trois de front dans l’Express, rassurés et heureux comme des gosses d’être dans le désert.

Quelques kilomètres plus loin, nous tombons nez à nez avec un 4×4. Un homme s’avance vers nous, il s’appelle AHMED (sans le MO devant !), c’est notre guide venu à notre rencontre. Grand ouf! de soulagement, on a désormais un guide. Nous payons notre intérimaire et Ahmed prend le volant (c’est déjà moins drôle à 3 devant!).

Il nous explique qu’il n’a pas trouvé d’autre équipier, visiblement cela n’a pas l’air de l’inquiété.

Sur la piste menant à la frontière, il fait hurler Titine (toujours en canne), frotte un peu sur les dalles de calcaires et autres cailloux mais nous mène sans encombre à la frontière.

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