Etape-marathon dans le sud marocain

Laayoune, dans le sud marocain

Laayoune, dans le sud marocain

Lundi 30 septembre 2002, Guelmim-Dakhla

Nationale Sept, il faut la prendre
Qu’on aille à Rome à Sète
Que l’on soit deux trois quatre cinq six ou sept
C’est une route qui fait recette
Route des vacances…
(Charles Trenet)

L’étape : Guelmim (Maroc) – Dakhla (Maroc)
Etape de plus de 900 bornes sur une route longue, droite et monotone à travers le désert et les villes de Tan-Tan (petit déjeuner), Laayoune, Tarfaya (visite du port), Boujdour… Et comme Philou est aussi en cannes que Titine, il nous amène jusqu’à Dakhla peu après la nuit tombée. Installation dans l’unique camping à l’entrée de la ville. Resto puis cyber… Nuit au camping « Moujefir » de Dakhla.
Kilomètres du jour : 900. Depuis le départ : 4500.

Titine dans le sud marocain

Titine dans le sud marocain

Les SMS du jour
sagem-sms– Cy-real & Philou, 13h36 : « Sommes à Tarfaya sur route rectiligne entre océan et désert, sable, cailloux, chèvres et dromadaires ! A moins de 1000 kms de la Mauritanie, Titine grave en cannes et nous sur un nuage. Ce soir, nuit quelque part dans le désert entre Boujdour et Dakhla. Bises à tout le monde ! »

L’image
Un horizon infini – De détours en arrêts impromptus, d’invitations en étapes imprévues, notre traversée du Maroc se prolonge avec joie de jour en jour. Mais il nous faut tout de même songer à progresser un peu, puisqu’à ce rythme-là Philou devra grimper dans l’avion à Dakar le 11 octobre sans avoir rien vu du Sénégal. L’étape du jour tombe à pic : les marocains ont bien compris que la ligne droite est le plus court chemin d’un point à un autre, et la route semble souvent avoir été tracée à la règle.

C’est tout à fait comme la mer, dit Una… On voit où on veut aller, et on y va… Et il n’ya rien dans l’intervalle. (Rudyard Kypling)

Le bitume du sud marocain...

Le bitume du sud marocain…

Sur un excellent bitume, Titine ronronne de plaisir et Philou grave en cannes ne lâche pas le volant de la journée (un truc à choper des crampes vu le peu de virages rencontrés !). Les paysages sont surprenants : mis à part la côte dont nous nous rapprochons de temps en temps, autour de nous c’est déjà le désert, de vastes étendues caillouteuses, parfois aussi quelques dunes. La température est caniculaire, le soleil cogne autant qu’il peut et vu que l’ombre est inexistante, nous enfilons les kilomètres sans faire de pauses, vitres grandes ouvertes par lesquelles s’engouffre l’air chaud…

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La route est longue, se perdant à l’horizon, et le décor est un peu monotone au goût de Philou, qui regrette l’Atlas, ses champs d’oliviers et ses forêts de cèdres.

Prenant très au sérieux mon rôle de copilote, je tente de remplir au mieux les missions périlleuses qui me sont confiées : compter les kilomètres sur la carte, choisir les arrêts-photos, alimenter mon acolyte en barquettes à la fraise et en eau, et le plus difficile sans doute, sélectionner la musique… Jouant avec mon baladeur mp3, je change régulièrement les CD et j’accepte même de mettre Jean Ferrat pour faire plaisir à mon Philou qui jubile en chantant :

Le vent dans tes cheveux blonds
Le soleil à l’horizon
Quelques mots d’une chanson
Que c’est beau, c’est beau la vie
Un oiseau qui fait la roue
Sur un arbre déjà roux
Et son cri par-dessus tout
Que c’est beau, c’est beau la vie…

(me demande quand même où il a vu un oiseau et un arbre)

Cela lui procure un tel regain d’enthousiasme qu’il se sent pousser des ailes et parvient à rallier Dakhla à la nuit tombée, après une « spéciale » de 900 kilomètres : chapeau l’artiste !

Le détour
Tarfaya – Les villes traversées tout au long de la journée ne présentent guère d’intérêt. Histoire de rompre avec la monotonie du trajet, nous nous offrons un petit tour sur le port de pêche de Tarfaya, où nous assistons au déchargement d’un sardinier. Ce fut sans doute le moment le plus animé de notre étape, c’est vous dire si la journée a été palpitante ! Ce fut aussi le détour le plus rapide du voyage…

La rencontre
Des élèves… et des pylônes – Quand on traverse des villes sans s’y arrêter et qu’on passe l’essentiel de sa journée sur une route au milieu de rien, les occasions de rencontres se font plus que rares. Pour ma part, je serais bien allé rencontrer mes collègues instituteurs de Tan-Tan en suivant le chemin de ces écoliers que nous croisons de bon matin, cartables sur le dos, histoire de voir aussi à quoi ressemble une classe marocaine… Tout au long du parcours, je prête ainsi attention aux écoles des villes que nous traversons. Chacun son truc ! Concepteur de lignes électriques de son état (il se présentera aux flics marocains sous l’appellation réductrice mais plus explicite d’électricien), Philou préfère s’extasier sur toutes les installations électriques du parcours, centrales, lignes à haute tension et autres pylônes aux noms très poétiques (H1, G2, Goldorak…), me gratifiant à chaque fois de tous les détails techniques les moins intéressants. Allez, ça aurait pu être pire. J’aurais pu partir avec un contrôleur des impôts… ou un croque-mort…

La p’tite histoire

Philou ensablé...

Philou ensablé…

Les délires de Philou – Trop longue, trop droite, trop monotone : Philou ne supporte plus la route et malgré mon conseil désapprobateur, il quitte le bitume pour suivre un semblant de piste au milieu du sable et des cailloux. Tout se passe bien pendant quelques dizaines de mètres, ça saute, ça cogne, ça dérape et Philou s’éclate comme un petit fou. Mais voilà que Titine patine, patine… et finit par s’immobiliser, ensablée. Nous voici en train de creuser et de pousser sous un soleil de plomb, à trois mètres d’une belle route goudronnée… Séance d’entraînement avant la Mauritanie sans doute !

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ma2002-09-sud-philou-titine-ensablementL’affaire ne prend finalement que cinq petites minutes, et Philou confie au magnéto que modestement, il a été « trop fort ».

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N’empêche qu’il ne s’amusera plus à quitter la route et sera même particulièrement sage jusqu’à Dakhla, où il s’effondre en m’attendant dans la voiture pendant que je squatte le cyber.

Une heure plus tard, je tente de le sortir d’un profond sommeil pour rentrer au camping. A moitié réveillé, complètement à la masse, il marmonne quelques propos de la plus grande incohérence : « Qu’est-ce qu’y a ? C’est fini ? Et il est où mon copain Cyril ? On peut pas partir, faut attendre mon copain Cyril… » Il mettra bien cinq minutes à retrouver ses esprits, et moi un bon quart d’heure pour retrouver le chemin du camping !

L’œil de Philou
Philou« Un trait de goudron au milieu de nulle part. Le plus grand chantier de construction de ligne électrique jamais vu (270 km), le pied !!! Un thon-maïs à l’huile d’olive sous le cagnard dans le désert du sud marocain. Mon Cissou imperturbable lors de l’ensablement, il prend du sable plein la tronche pendant que je tente de sortir la voiture de l’ornière et les grands signes qu’il me fait pour que j’arrête de jouer et que je rejoigne le goudron. Son bras droit bien bronzé et mon bras gauche à l’identique. Son légendaire sens de l’orientation lors du retour au camping (plutôt 30 min que 15). »

Philou dans le désert...

Philou dans le désert…

magneto-100Et dans le magnéto…

    • Commentaires de Philou et Cissou sur la route au milieu du désert

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  • Petite histoire d’ensablement par Cissou et Philou

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