Dakar en voiture…

DAKAR – Centre névralgique et capitale du Sénégal qui rassemble le tiers des habitants du pays, ville incroyablement vivante et animée, polluée et encombrée… souvent insupportable mais incontournable !

Dakar, 10 octobre 2002

C’est en voiture que je reprends contact avec la capitale, que j’avais quittée un an plus tôt sur une impression pour le moins mitigée après mon premier voyage… L’heure du retour a sonné pour Philou, nous devons passer par le centre de Dakar pour trouver l’agence de voyages où il doit confirmer son billet, puis rejoindre Pikine en banlieue, dans la famille d’Aziz, où nous passerons la nuit. Philou prend le volant, il raffole de cette conduite nerveuse et instinctive propre à la capitale qui lui rappelle sa jeunesse parisienne…

Dakar, la patte d’oie

Des bouchons, d’abord : on n’entre pas dans Dakar en courant. On s’engage sur “l’autoroute” (l’unique voie d’accès au centre ville et à toutes les banlieues de l’agglomération) à Diamnadio, on passe Rufisque, puis on reste vite bloqués aux abords de la ville, bien avant la “patte d’oie”, comme pour mieux apprécier le tableau. La circulation est difficile, la conduite éprouvante : coups de volant, coups de freins, coups de klaxon, coups de sang, coups de gueule. On est en pleine ville mais ici c’est la loi de la jungle : alors qu’il n’y a que deux voies bitumées et tracées, les véhicules n’hésitent pas à s’engager sur le bas-côté sablonneux et cahotique pour doubler, et ça circule bientôt sur quatre ou cinq voies !…

Sur ces mêmes bas-côtés, les “cars rapides” qui servent de transports en commun déboîtent et redémarrent sans clignoter (la plupart n’ont d’ailleurs plus de clignotants !), sans même regarder. Des piétons se faufilent, traversent les voies avec un nonchalance affolante…

Retour à Dakar

Enfin en ville… au point mort, certains ont coupé le moteur : aucun véhicule n’a avancé depuis dix minutes. On roule un peu sur l’avenue Lamine Gueye, guettant les arrêtes intempestifs des taxis, les déboîtements sauvages et les multiples autres occasions d’accrochage.

Mais ici, on a plus de chances de mourir d’asphyxie que dans un accident qui dans tous les cas ne pourra survenir à plus de 20 kilomètre heures. Ah… Dakar et sa pollution, sa multitude de gaz d’échappements nocifs sortis de véhicules hors d’état et sans âge, respirés à pleins poumons par les vitres – ouvertes pour mieux supporter la chaleur.

Car rapide et taxis dans le trafic de Dakar

Un peu plus loin sur Lamine Gueye, au croisement avec l’avenue Faidherbe, un policier nous siffle et nous demande de nous arrêter. Philou obtempère, mais ça sent déjà les ennuis – et le racket. Au milieu d’un flot de véhicules non-verbalisés, nous aurions emprunté… un sens interdit ! Le flic récupère le permis international de Philou et retourne à son carrefour pour dresser la contravention.
Aziz tente de négocier (en wolof), mais Philou refuse de verser un bakchich et insiste, il réussit à faire remonter l’avenue au flic sur plusieurs centaines de mètres pour savoir où était ce fameux panneau. Ah oui, un vague panneau indiquant que la suite de l’avenue est réservée aux taxis, transports en commun et riverains… Le flic garde le permis en nous indiquant qu’il faudra le récupérer le lendemain contre paiement d’une amende. Philou se marre, le lendemain, il doit prendre l’avion et il pourra refaire son permis international gratuitement en France…

Il faut savoir qu’à Dakar (et dans tout le Sénégal), les flics sont chargés de veiller au bon respect des règles de circulation et manifestent une passion toute particulière pour la verbalisation de véhicules “toubabs” (conduits par des blancs). Je suis repassé quelques jours plus tard au même endroit, avec la même voiture, mais avec mon ami sénégalais Amath au volant, on est passés sans encombres. Et je n’ai jamais vu Titine se faire arrêter dans Dakar avec Amath au volant !

Dakar by night

Dans la soirée, Philou sans permis a tout de même pris le volant pour rejoindre Pikine : nous avons encore eu droit à deux heures de bouchons pour parcourir les quelques kilomètres à l’heure de la “descente” (la fin de journée de travail des sénégalais qui reprennent l’autoroute pour regagner la banlieue). Mais sinon, à part ça, c’est sympa Dakar en voiture…